Statuts · 4 octobre 2026 · 7 min de lecture

Micro-entreprise ou portage : le calcul qui tranche, posé à plat

Comparer deux statuts sur le seul revenu net est la façon la plus sûre de se tromper. Voici la cascade complète d'un cas réel, puis les trois différences qui ne se calculent pas.

Par La rédactionPublié le 4 octobre 2026
Machine à calculer mécanique à touches rondes, bande de papier vierge, et petite balance de laiton dont les plateaux portent un reçu et une pile de pièces.
Machine à calculer mécanique à touches rondes, bande de papier vierge, et petite balance de laiton dont les plateaux portent un reçu et une pile de pièces.Visuel d’illustration · non contractuel

Le point de départ : un cas, des chiffres

Prenons une situation ordinaire : un consultant facture 550 € HT par jour, 18 jours dans le mois, soit 9 900 € de chiffre d'affaires HT. C'est l'exemple que le carnet utilise dans son scénario rejouable, et il permet de suivre chaque euro.

La cascade en portage, ligne par ligne

Le modèle de poche publié par le carnet s'écrit ainsi :

brut = (chiffre d'affaires HT − commission − frais) / 1,45 puis net avant impôt ≈ 78 % du brut, l'impôt étant estimé sur un barème indicatif.

Ligne Montant
Chiffre d'affaires HT (550 € × 18 jours) 9 900,00 €
Frais de gestion (3,5 % dans cet exemple) − 346,50 €
Frais professionnels refacturés remboursés sur note de frais
Base de calcul 9 553,50 €
Brut estimé (base / 1,45) 6 588,62 €
Net avant impôt (78 % du brut) 5 139,12 €

Deux enseignements immédiats. D'abord, la part prélevée entre le chiffre d'affaires et le net n'est pas une ligne unique : elle additionne les frais de gestion, les cotisations patronales et salariales, et la CSG/CRDS. Ensuite, le taux de frais de gestion se lit en euros, pas en pourcentage : 3,5 % d'un chiffre d'affaires de 9 900 € représentent 346,50 € — soit six jours de congés payés.

La même activité en micro-entreprise

En micro-entreprise, le raisonnement est différent dans sa nature : vous facturez le client directement, vous réglez vous-même vos cotisations sur le chiffre d'affaires encaissé, et votre revenu imposable est calculé après un abattement forfaitaire, sans déduction de vos charges réelles.

Trois conséquences que l'on oublie dans les comparatifs de taux :

  1. Les frais professionnels restent chez vous. Déplacements, hébergement, matériel, logiciels, abonnements : ils doivent être intégrés à votre prix de vente. En portage, ils peuvent être remboursés sur note de frais refacturée au client, ou passer par le compte d'activité.
  2. Le plafond est une contrainte réelle. 83 600 € de chiffre d'affaires en prestations de services (203 100 € en vente) en 2026 : au-delà, le régime change. À 550 € la journée, cela représente environ 152 jours facturés dans l'année — un rythme atteignable, et un mur pour qui facture davantage.
  3. La CFE s'ajoute. Elle est due même sans local, et seulement exonérée sous 5 000 € de chiffre d'affaires. En portage, elle ne vous concerne pas.

Les trois lignes qui ne se calculent pas

Une comparaison honnête doit ensuite laisser la calculatrice et regarder trois éléments qui décident du risque, pas du revenu.

Ce que vous perdez en micro-entreprise Ce que vous gardez en portage
Assurance chômage : aucune Cotisation et affiliation à France Travail, cumul possible avec l'ARE
Responsabilité : vous répondez de vos actes, RC pro à souscrire La société de portage souscrit l'assurance professionnelle
Congés : libres, mais non payés 2,5 jours ouvrables par mois de travail effectif

Ajoutez la qualification exigée — le portage demande un niveau 5 (Bac +2) ou 3 ans d'expérience significative — et vous avez les termes réels du choix.

La règle de décision

  • Chiffre d'affaires faible ou irrégulier, frais professionnels élevés, besoin de filet : le portage coûte des frais de gestion, mais il achète une paie, une protection et un remboursement de frais.
  • Chiffre d'affaires élevé, frais faibles, activité régulière et déjà prouvée : la structure — EURL, SASU — devient plus efficace que la micro-entreprise comme que le portage, parce qu'elle déduit les charges réelles et ne connaît pas de plafond.
  • Test d'activité en cours : le portage est le seul dispositif qui se ferme sans dissolution.

Et la règle qui vaut dans tous les cas : comparer à protection égale. Un net plus élevé sans assurance chômage n'est pas un net plus élevé, c'est un net plus risqué.

À retenir

  • À 550 € × 18 jours, la cascade du portage donne environ 5 139 € nets avant impôt dans notre exemple, frais professionnels remboursés en plus.
  • Le taux de frais de gestion doit toujours être converti en euros sur votre chiffre d'affaires réel.
  • En micro-entreprise, les frais professionnels sortent de votre poche et le plafond de 83 600 € borne l'activité.
  • Les trois différences décisives — chômage, responsabilité, congés payés — ne s'écrivent pas dans un tableur.
  • Le classement des 20 outils compare les simulateurs sur 100 points : c'est le moyen de vérifier qu'un « net annoncé » publie bien sa cascade.
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Sources

Modèle de poche publié par le carnet (brut = (CA HT − commission − frais) / 1,45 ; net avant impôt ≈ 78 % du brut) ; Bpifrance Création, comparaison micro-entrepreneur et autres régimes ; Entreprendre Service Public, « Portage salarial ».

Ce blog est écrit par l’exploitant du carnet, sans société de portage éditrice ni lien affilié. Une correction à apporter ? Elle se fait dans l’espace de méthode, sources à l’appui.